George A. Romero a eu le mérite d’avoir épuré la figure du Zombie de ses connotations magiques/mystiques, héritage des traditions haïtiennes. Avec lui, le Zombie se transforme en monstre occidental, le résultat d’un virus d’origine inconnue. Le mort-vivant devient donc une pathologie. Ennemis, minorités dangereuses ou masses mues par un instinct de consommation, les Zombies offrent des lectures multiples, mais toujours profondément ancrées dans un terrain socio-politique. Le Zombie occidental est une créature urbaine et la ville semble être son territoire de prédilection. À partir de cette considération, nous essayerons de cibler l’attention
sur les formes urbaines que le réalisateur met en scène dans ses quatre premiers titres (Night of the living dead, Dawn of the dead, Day of the dead et Land of the dead). Il ne faut pas s’étonner
si, derrière les espaces fictionnels de Romero, se cachent plusieurs problématiques qui hantent la métropole américaine de la fin du XXe siècle. Fragmentation, gentrification, ghettoïsation,
entre-soi, fermeture de l’espace public, sont tous des thèmes auxquels le réalisateur américain, à travers les codes esthétiques du genre, s’est montré sensible. Comment apparaît la ville
chez Romero ? Existe-t-il une correspondance entre les spatialités fictionnelles et la portée socio-politique de la figure du mort-vivant ? Cette petite géographie devrait permettre de répondre à ces interrogations.
Sébastien Causse est un chercheur en biologie moléculaire.
Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur à Rennes puis son doctorat à l’Institut de Biologie de l’École Normale Supérieure, il intègre les laboratoires de la faculté de Médecine de Dijon. Sa thématique scientifique concerne les cancers. Cependant ses stratégies de recherche impliquent un usage conséquent de méthodes de manipulations génétiques, y compris la création de virus.