Séminaire de Georges Didi-Huberman, 15 dec 2014
Georges Didi-Huberman montre les précisions historiques qu’Eisenstein a apportées au film, et en même temps, la poésie qui en émane. « C’est une œuvre documentaire – lyrique. Un grand chant lyrique de la révolution ». Eisenstein était un grand passionné de littérature : Les Misérables de Victor Hugo est incontestablement une référence importante pour penser le "Cuirassé", où un enterrement est bien une occasion pour une renaissance. Une autre référence, cette fois-ci cinématographique, serait "La naissance d’une nation" de D. W. Griffith. On peut citer aussi les chroniques versifiées de ses contemporains comme celles de Boris Pasternak ou de Maïakovski.
Le "Cuirassé Potemkin" est bien une chronique versifiée ou un poème documentaire.
Lorsqu’Eisenstein cherchait des documentations sur l’année 1905, il trouva à la bibliothèque Lénine, deux numéros du magazine français "L’illustration", où était publié un reportage sur la révolte de Potemkine. Les scènes du film en sont fortement inspirées.
Durant l’été 1905, Eisenstein était en voyage à Paris avec sa mère. Il y aurait vu un court métrage au cinéma produit par Pathé journal, montrant des actualités reconstituées, et intitulé "Les événements d’Odessa".